La fresque colorée du salon Cavenne ne passe pas inaperçue, malgré qu’elle siège dans la minuscule cour, tout au fond comme une mauvaise élève. Nombreux d’entres vous l’ont vu et l’ont apprécié, sans en connaître son histoire. Mais alors, qui se cache derrière ces formes abstraites ?
Portrait du street artiste BLO.
La fresque murale de BLO
A l’origine, il y avait une cour, mignonne mais triste. Pour ceux qui l’ont connue, elle était blanche, avec un charmant faux gazon, et des épis de maïs faisant semblant de sécher.
Bref, la voici en image.
La mission était claire : rendre ce petit endroit plus attrayant, plus lumineux, plus graphique. Et c’est tout naturellement que j’ai pensé à mon ami de longue date, l’artiste BLO ou Claude Ricci.
Après quelques recherche, un voyage à Lyon, une proposition, un gammier de couleur passé au peigne fin, une douce nuit d’été, deux journées chaudes, voilà le résultat
BLO, artiste peintre
C’est par le grafitti que BLO fait ses débuts à Lyon, à Décines plus exactement où il a grandit et fait ses armes, bombes de peinture à la main. Enfant du street art, il tague, peint les murs de sa ville suivant son besoin de laisser une trace, de défigurer sa matière, vandaliser et détruire. Son geste est rapide, ses sprays dansent et posent des lignes fluides et précises.
Membre du Da Mental Vaporz Crew, BLO sillonne le monde avec ses acolytes du graff Brusk, Dran, Gris1, Jaw, Sowat, Kan, Iso, Lek et Bom.K. Ensemble, ils collaborent sur des projets d’envergure qu’ils composent sur le principe du cadavre exquis, à savoir que chacun des membres apporte sa touche personnelle à l’oeuvre collective.
Petit à petit, BLO s’émancipe des lettrages et des personnages illustratifs. Son travail s’inscrit toujours dans des paysages urbains mais s’affine autour de formes plus figuratives pensées autour de thèmes récurrents ; la mort, le sexe, l’imagerie religieuse.
Depuis sa pratique du graffiti, BLO est progressivement entré dans son atelier pour travailler sa peinture. Il s’intéresse désormais à d’autres symboliques et langages de représentation : «Il y a des symboliques récurrentes dans mes images, comme le mémento mori ou les icônes religieuses du classique, que j’ai beaucoup utilisés pour les confronter à un vocabulaire plus urbain, instantané et radical…».
Selon ses termes, BLO cherche d à «déconstruire la figuration, pour l’intégrer dans des compositions plus abstraites et laisser plus de place à l’accident et à l’intuition». Son exposition « Anywhere, Out of This Mind » illustre bien ce travail de décomposition, où des corps de femme tronqués côtoient des masses de couleurs, des lignes géométriques.
« Les peintures de Blo allient la figuration à l’abstraction, le dessein à l’improvisation, pour retranscrire sur la toile les vertiges de la pensée. Une pensée qui file et s’effile. Se brise en morceaux pour se recomposer en paysages inconscients
Entre les mains de Blo, l’encre, la peinture acrylique, la bombe aérosol, la photographie… tout médium devient matière. Objet. Fétiche. L’artiste matérialise d’ailleurs une vision de la peinture en tant que solution aux doutes et certitudes qui sous-tendent la création. Elle s’insère dans un interstice entre tension et relâchement, lignes abruptes et courbes sensuelles. Elle se fraye un chemin au-delà de la prédiction. » Elodie Cabrera
Come and see !
Instagram: @blo_dmv
